dimanche 23 mai 2010

"Agnès Varda, la petite dame qui glanait des images de glaneurs..." par Manon Vito

Des kilos de pommes de terre en forme de coeur. Voilà ce qu'Agnès Varda a récolté durant son glanage dans la grande coline de patates, laissée à l'abandon. Ahurie de voir ces tonnes de surproduction qui pourrissent aux quatres coins de l'Europe, elle décide de montrer au monde que le glanage n'est aucunement une gène, ni un acte illégal, ni réservé aux classes en difficultés financières, aucunement mauvais pour la santé... au contraire! Elle démontre tout ça dans l'humour, la poésie et la sincérité.

Ce film-documentaire sort de l'ordinaire: trop bizarre pour être un documentaire, mais trop réel pour être un film traditionnel. La réalisatrice filme avec une caméra mini DV, sans contrainte (cela me fait penser au côté artistique avec la valse de sa cache de caméra, tombée par hasard et dansant sur une musique). Elle fait aussi participer certains habitants qui lui confient leur passé de glaneurs, elle utilise des plans toujours plus originaux les uns des autres et souvent peu académiques, énonçant des souvenirs d'enfance communs (s'imaginant faire disparaître par magie avec ses doigts les camions sur l'autoroute), se dit glaneuse entre les glaneurs, se mettant alors en scène.



Le sujet est surprenant et hors du commun. Il nous rappelle qu'il faut réduire notre production et qu'en se faisant, nous nous amuserons à glaner. Personnellement, dans ma famille, nous raffolons de ce genre d'activité, toujours amusante et traditionnelle. Rien de tel qu'un fruit frais cueilli de l'arbre le jour même.
Mais sous ce sujet s'en cachent encore d'autres: la vieillesse (filmant sa main et ses cheveux gris en gros plan, comme si nous "traversions" la vieillesse), la moisissure comme une oeuvre d'art, la récupération des détritus jetés devant les maisons...etc.
Son cinéma est donc exceptionnel, sincère, hors du commun, vrai, naïf peut-être...
Pour notre culture, ce film-documentaire est incontestablement incontournable.

Manon Vito, 6A

Analyse - La prophétie des grenouilles - Justine Bats


2 éléments caractéristiques du fond :



La manière d’amener le problème est assez spécial puisque ce n’est pas les humains qui vont apporter le message mais bien les animaux. Il y a donc une relation assez intime entre les humains et les animaux. Il faut arriver à entrer dans cette relation puisqu’il faut accepter que les animaux communiquent avec les humains par le biais de la parole. Des choses comme ça ne peuvent se passer que dans les films d’animation.

Les messages qui sont passés sont assez troublants puisque les grenouilles viennent apprendre aux humains qu’il va y avoir un déluge qui risque de leur faire perdre tout leurs biens. Les animaux ici aident donc les humains dans leurs malheurs. Toutes sortes d’interprétations peuvent être envisagées suite à ce genre de messages. Par exemple que les animaux, pour certaines personnes, sont indispensables. Il y a beaucoup plus de problèmes pour les cohabitations entre les animaux qu’entre les humains et les animaux. C’est très révélateur de certaines choses.

jeudi 20 mai 2010

Billet - "Voici quelques mots à glaner.", par Benoit M.



Le film d’Agnès Varda : « Les glaneurs et la glaneuse » est un chef d’œuvre du cinéma contemporain. Le mélange subtil entre le documentaire et la fiction donne un aspect étonnant à ce film. Le thème de la société de consommation est très bien traité par la réalisatrice car elle nous livre la vision de ceux qui vivent de nos restent, ceux qui glanent dans nos poubelle. Cette vision est tout à fait originale. Le film permet bons nombres de réflexions et de plus, il est un brin poétique. En un mot, il est temps d’aller glaner dans la vidéothèque la plus proche à fin de trouver ce docu-fiction fantastique !
MASSET Benoît, 6D

samedi 15 mai 2010

Billet - "Jusqu’à quel point les lectures de The Reader peuvent elles influencer une vie ?", par Catherine D.


Adapté du roman éponyme de l’écrivain allemand Bernard Schlink, The Reader s’ouvre comme un aimable film initiatique, retraçant l’éducation sexuelle, en Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la seconde guerre mondiale, d’un adolescent par une femme sensiblement plus âgée. Commence alors une liaison secrète et passionnelle.
Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture. Il découvre peu à peu le plaisir qu’elle éprouve lors de ce rituel tandis qu’il lui lit “l’Odyssée,” “Huckleberry Finn” et “La Dame au petit chien.” Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le cœur brisé et seul. Huit ans ont passé lorsque, devenu un brillant étudiant en droit, le jeune Michael retrouve son ancienne amante dans le box des accusés d’un procès sur les crimes de guerre Nazi. Ce changement de perspective fait le prix d’un film, qui, au-delà de la monstruosité des actes perpétrés alors, se concentre sur le dilemme moral se posant sur les protagonistes. Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour et on doit faire face avec elle à son passé chargé. Tout est mis en scène avec fluidité et consistance par Stephen Daldry (The Hours), et magistralement interprété par Ralph Fiennes et Kate Winslet, justement récompensée par un oscar de la meilleure actrice en 2009. Sa prestation est rare. Franchement, courez le voir, c'est un chef d'œuvre !

Catherine Delmotte, 6A

Analyse - Sweet Sixteen (2002) de Ken Loach, par Delmotte C.



Résumé : Liam est un adolescent écossais de 15 ans. Dans quelques semaines, sa mère va sortir de prison pour une histoire de trafic de drogue, dans quelques semaines, il aura 16 ans. Liam déteste son beau-père : un homme affable, dealer de drogue et qui a causé l'emprisonnement de sa mère. Avec son meilleur ami, ils décident d'acheter une caravane à sa mère dans un lieu tranquille, loin des rumeurs de la ville. Si Liam a l'habitude des petits trafics d'adolescent (la revente de paquet de cigarettes en contrebande par exemple) il lui faut rapidement de l'argent pour faire la surprise à sa mère. Il s'improvise alors dealer de drogue et se fera recruter par la mafia locale qui voit en lui un petit garçon ingénieux et habile.




Deux caractéristiques du fond:

Thèmes abordés : Les thèmes principaux de ce film sont les deals, les relations mère/fils, les relations frère/sœur, l’irréalisable quête de la mère, le besoin d’argent et de jeunes adolescents écossais livrés à eux-mêmes. D’emblée, nous nous trouvons avec ce titre au cœur d’une époque: celle de l’adolescence, pas toujours si sweet que ça… époque de transitions, de crises et de ruptures.

Questions soulevées : Il est attachant Liam, car toutes ses actions, il ne les entreprend que pour sa mère emprisonnée, véritable fil conducteur du scénario et qui doit être libérée dans quelques semaines, le jour de ses 16 ans.
Le fils veut sauver la mère, recomposer à nouveau sa famille éclatée, avec sa sœur, son petit neveu qu’il adore. Alors il tente tout, Liam, désespérément, avec son meilleur ami, Pinball, jouant sa vie à chaque instant. Une séquence montre d’ailleurs Liam prêt à tuer un homme avec un cran d’arrêt, dans les toilettes d’un bar de nuit, aux ordres d’un réseau qui le domine, le manipule.
On se demande tout au long du film pourquoi Liam tient tant à offrir une vie à sa mère dont elle n’a pas vraiment envie. Durant tout le film, Liam est manipulé, d’abord par son grand-père et son beau-père, puis par sa mère et ensuite par les hommes du réseau de drogue. N’a-t-il pas la force de caractère pour arrêter tout cela?
Si les petits, les sans grades, les enfants, sont condamnés socialement, quel avenir peut-on espérer?

Catherine Delmotte; 6A